Celui qui boit, c’est celui qui ne surfe pas?

C’est désormais officiel: à compter de cette année, l’ASP met en place des contrôles anti-dopage sur l’ensemble des compétitions qui sous sa licence. La raison? Professionnaliser davantage le surf, au même titre que le sont le football, le tennis ou le cyclisme. Rendre plus respectable un sport qui a vu son image écornée après la disparition, en 2009, de l’un ses meilleurs ambassadeurs, Andy Irons. Il aura fallu un an pour que l’ASP élabore et mette en place un règlement que vous pouvez consulter en cliquant ici. Les tests seront conduits à n’importe quel moment d’une compétition. Si les résultats se révèlent positifs, le surfeur incriminé peut être évincé du Tour pour une durée d’1 an.

Image

Afin de constituer la liste des produits interdits, l’ASP s’est appuyée sur la liste élaborée et mise à jour de la WADA (World Anti-Doping Association). Parmi ces produits figurent donc les amphétamines, les cannabinoids, la cocaine et, curieusement, l’alcool. L’alcool, un produit dopant? On savait qu’il altérait les capacités physiques et mentales, mais pas qu’il les décuplait!

A titre de rappel, voici la définition de “dopage” (Wikipédia): “Le dopage est la pratique consistant à absorber des substances ou à utiliser des actes médicaux afin d’augmenter artificiellement ses capacités physiques ou mentales.” Je ne suis ni un spécialiste des addictions ni un médecin, mais je peux vous dire, et vous le savez tout autant que moi, que boire de l’alcool n’a jamais décupler les capacités physiques et mentales d’un individu. Certes, l’alcool peut parfois lui procurer un sentiment de confiance. Mais de là à ce qu’un surfeur gagne sa série parce qu’il a bu une bière ou un vodka-Red Bull avant de se mettre à l’eau…

(Interlude: Savez-vous si l’alcool fait-il également partie des produits dopants dans d’autres sports?)

Les associations d’Alcooliques Anonymes ont-elles passé un accord avec l’ASP pour que l’alcool figure sur la liste des produits interdits? Ce qui est certain, c’est que les alcooliers n’ont pas été invités à s’asseoir à la table des négociations.

Car des marques comme Budlight (bière), Jim Beam (whisky) ou Jose Cuervo (tequila) sponsorisent des compétitions de surf, voire des surfeurs. Comme le dit Erica Hosseini à propos de Jose Cuervo: “Jose Cuervo tequila is one of my sponsors but it’s my drink of choice anyway. Jose Cuervo Gold. I got a whole stack of it at home always.” (“La tequila Jose Cuervo est l’un de mes sponsors, mais de toute manière, c’est mon alcool préféré. Jose Cuervo Gold. J’en ai toujours une quantité importante à la maison.”).

Aujourd’hui, les surfeurs pros portent fièrement les couleurs de marques de boissons énergisantes comme Red Bull ou Monster. Mais les alcooliers ne sont pas en reste et investissent, certes dans une moindre mesure, dans la surf industry. (Si vous avez des données chiffréess, je suis preneur.)

Image

Boire une bière après une série ou une session fait partie intégrante de la culture surf (et j’insiste vraiment sur le terme de “culture”) au même titre que faire un barbecue avec ses amis ou sortir les guitares et pousser la chansonette autour d’un feu de camp (ça fait très cliché, mais que celui qui n’a pas vécu au moins une fois cette expérience me jette la première pierre). Ca serait un peu comme interdire aux All Blacks de faire le haka lors d’une finale de la Coupe du Monde de rugby. Ce sont des choses indissociables qui confèrent à une culture et/ou à un sport les liens de sociabilisation entre les individus évoluant dans ce milieu ou partageant les mêmes valeurs, les mêmes repères et qui, en quelque sorte, contribuent à sa popularité.

Image

Interdire l’alcool aux surfeurs du Tour (constitué principalement d’Australiens, grands amateurs de bières – même si la Toohey’s, la VB ou la Emu ne sont pas aussi fortes qu’une Paulaner ou une Augustiner allemande), c’est les enfermer dans un monde rigide et aseptisé où le moindre écart est passible d’une sanction, où le moindre grain de folie est synonyme de déchéance. Un mode de vie quasi-monacale convient à des sportifs (je l’ai vécu en pratiquant la natation pendant près de 15 ans au niveau national et ce fut très bien), mais pas à des passionnés qui veulent vivre leur vie de surfeurs librement, sans qu’on leur rajoute des règles supplémentaires. Le surf se professionnalise, c’est une chose. Mais le faire en lui retirant des parties de son ADN, c’en est une autre.

“Sans alcool, la fête est plus folle!” proclamait un slogan il y a quelques années. Pas forcément. L’alcool peut aider les gens à se détendre, à se dérider, à se “lâcher” (dans le bon sens du terme), à condition qu’il soit consommé modérément et non dans l’excès.

Pour conclure, même si je trouve ce règlement anti-dopage un peu sévère, il n’en demeure pas moins que cette initiative de l’ASP est louable et contribue à rendre l’image du surf professionnel davantage propre.

Quant aux soirées au Rock Food, j’ai ouï dire que Roland avait signé un partenariat avec Orangina/Oasis… Mais chuuut!

Allez, à la vôtre!

Image

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s