East Coast / West Coast

Je vous rassure: je ne vais pas faire un billet sur la rivalité Côte Est / Côte Ouest aux États-Unis, d’un point de vue musical, sous peine de raviver certaines rancoeurs qui n’ont plus lieu d’être… Non, l’objet de ce billet est le “cirque” de la surf industry qui est ce mois-ci à Huntington Beach pour le Nike US Open of Surfing et le mois prochain à New York pour le Quiksilver Pro New York.

Je parle de “cirque” comme j’aurais pu utiliser le terme de “festival” car, au vu des nombreuses activités proposées (concerts, premières de vidéos, élection de Miss Camping, etc.) et de l’affluence attendue à ces deux événements (près de 500,000 personnes attendues à l’US Open), on pourrait plus parler de “festival” que de “compétition de surf” au sens strict du terme.

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C’est formidable de voir cet engouement et toute cette effervescence autour du surf. Pendant près de 10 jours, la surf city qu’est Huntington Beach va vivre au rythme de la compétition, mais également des salons professionnels, des concerts ou des soirées de présentation de films. Tout est fait pour que l’US Open soit une grande fête pour le public, les professionnels de la surf industry et les surfeurs. Et visiblement, ça ne dérange pas trop ces derniers de devoir batailler dans de petites conditions: d’après leurs tweets, un grand nombre a fait le déplacement et semble ravis de participer à ce festival. Je rappelle au passage que l’US Open est un Prime Event et est, par conséquent, un passage obligé pour les surfeurs pros s’ils veulent engranger un maximum de points avant le turn-over opéré à l’issue du Quiksilver Pro New York.

Qu’en est-il, justement, du Quiksilver Pro New York? De nombreuses voix s’étaient élevées lors de l’annonce de cette épreuve, reprochant à l’ASP de “tuer” le Dream Tour en organisant des événements dans des métroples, comme Rio et New York (le Rip Curl Search à San Francisco n’était pas encore annoncé), où les conditions de surf ne sont pas forcément optimales. Dans une récente interview accordée à TheInertia.com, Fred Patacchia reconnaît que ce genre d’épreuves est indispensable à l’évolution du surf, à condition que d’autres épreuves soient organisées sur des spots où les conditions sont optimales (comme les îles Fidji, par exemple). Je suis tout à fait d’accord avec Fred, comme j’avais pu en faire part dans un précédent post (même si ce n’est pas autant explicite).

Et c’est là que je me pose la question suivante: “Pourquoi l’épreuve de Huntington, où les conditions ne sont pas des plus optimales, ne suscite aucune critique contrairement à New York, qui pourrait réserver de bonnes surprises?”

Bien entendu, Huntington Beach est la capitale du surf (titre qu’elle dispute à Santa Cruz) et les quartiers généraux des principaux acteurs de l’industrie sont situés à proximité (Costa Mesa, Irvine…). C’est notamment l’occasion de rencontrer les équipes de leurs sponsors, de tester de nouveaux produits, de faire le tour des partenaires et des médias, etc. Bref, de remplir leurs obligations. Mais d’un point de vue “surf”, on ne peut pas dire que les vagues d’Huntington soient du même acabit que celles des Fidji (où Slater a récemment scoré des vagues de rêve), d’Indo ou de Tahiti.

Il faudrait plutôt considérer l’épreuve de New York comme une opportunité de promouvoir le surf auprès du grand public et d’acteurs qui ne sont pas forcément intéressés par celui-ci mais qui pourraient l’être, à une échelle beaucoup plus importante qu’une simple épreuve à San Francisco ou Miami. De plus, une épreuve à New York montrera que l’industrie du surf sait faire preuve d’ouverture en allant à la rencontre d’autres publics, qu’elle ne se regarde pas constamment le nombril en attendant que les choses évoluent d’elles-même.

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Nous pouvons d’ailleurs constater cette ouverture de la surf industry avec des boîtes qui n’hésitent pas à sponsoriser des surfers qui font peu de compétitions, en capitalisant sur leur côté artistique. Je pense notamment à Hurley avec Timmy Curran (musique), Globe avec Dion Agius (photo) ou Quiksilver avec Dane Reynolds (même si celui-ci a lancé sa propre marque, Summer Teeth, Quik le soutient dans ses démarches). Les boîtes n’hésitent pas à aller chercher des talents dans d’autres domaines. Cette ouverture n’est toutefois pas récente: elle a été initiée il y a plusieurs années déjà avec Volcom et son label VolcomEnt, par exemple. Il s’agit surtout du fait que cette ouverture est plus flagrante. Sans parler de Dion Agius qui a “immigré” à NYC l’été dernier ou de Jamie Brisick (surfer/journaliste) qui s’y est carrément installé.

Toutefois, je ne pense pas qu’une épreuve à New York soit pérenne. J’opte plutôt pour un one-shot, impactant. Ce qui serait intéressant, c’est que ce genre de grand rendez-vous soit organisé chaque année dans une grande ville différente (New York, Florianopolis, Cape Town, etc.), un peu comme le Rip Curl Search.

New York ne deviendra pas une capitale du surf. Mais le Quik Pro sera un formidable levier de promotion du surf. Car là, il ne s’agit pas de casser “l’image élitiste du surf” avec un matelas gonflable (clin d’oeil à “babord”), mais d’amener le surf à un autre niveau… Casse-gueule ou pas, qui ne tente rien n’a rien.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Crédits photos: Surf-devil.com, TransworldSurf.com

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