Volcom on board (of Administration)

Voilà, c’est fait (ou tout du moins, c’est en bon chemin si le recours déposé par les actionnaires de Volcom n’aboutit pas): Volcom devient une filiale de PPR, l’un des deux géants du luxe français (l’autre étant LVMH).Image

On savait depuis décembre 2010 que PPR cherchait à s’étendre dans l’univers lifestyle en rachetant un acteur majeur du secteur (article de La Tribune uniquement accessible aux abonnés). Le nom de Quiksilver avait alors circulé, sans qu’il n’y ait de confirmation ou de démenti. Puis l’info (ou la rumeur) s’était estompée… jusqu’à ce 1er mai où l’on apprend que PPR a lancé une OPA amicale, non pas sur Quiksilver, mais sur Volcom.

L’annonce de ce rachat a surpris beaucoup de monde dans la mesure où Volcom a, dans l’esprit d’un grand nombre d’initiés (qui, comme moi, ont grandi avec cette marque), l’image d’une marque subversive, opposée à l’establishment (sa fameuse signature “Youth Against Establishment”). Il faut avouer que voir PPR acquérir Volcom a de quoi être surprenant. Autant Quiksilver est une marque bien établie qui aurait pu passer dans le giron de PPR sans susciter trop de vagues (jeu de mots, Ramoutcho!), autant Volcom ne cadre pas avec le reste des marques du groupe: Gucci, Balenciaga, Yves Saint-Laurent, Puma…

Je n’ai rien contre l’industrie du luxe, qui est un monde exceptionnel, constitué de marques centenaires, employant des milliers de personnes dans le monde (ça va des ateliers de la rue du Faubourg Saint Honoré, à Paris, aux usines du Sud-Est asiatique). C’est un monde qui fait rêver, qui apporte une touche de glamour dans la société (même s’il ne faut pas faire preuve de naïveté en pensant que tout est rose, que tout n’est que “luxe, calme et volupté”… Apparences, apparences…). Mais l’arrivée d’un tel empire dans l’univers de la glisse me laisse dubitatif.

Nike ou Red Bull ont une certaine légitimité, de part leur implication depuis de nombreuses années dans le sport en général. Mais PPR… J’ai du mal. Encore plus parce qu’il s’agit de Volcom. Et même maintenant, si PPR ou LVMH rachetait Billabong ou Burton, j’aurais du mal.

Alors après, les surfers pros du team ironisent sur ce rachat, comme Coco Ho qui déclare sur Facebook être impatiente d’avoir du maquillage Gucci ou YSL à l’oeil, et les journalistes s’en donnent à coeur joie (et avec humour), comme Chas Smith pour Surfing Magazine dans ce billet. Mais bon, il vaut peut-être mieux en rire qu’en pleurer.

Pourquoi l’attention de PPR s’est-il porté sur Volcom? Et pourquoi donc le Board de Volcom a-t-il conseillé aux actionnaires de la marque d’accepter l’offre de PPR? Ont-ils préféré cette solution plutôt que de se faire racheter par un géant du secteur, tel que Quiksilver ou Billabong?

Non, j’ai vraiment du mal avec cette nouvelle. Au risque de passer pour quelqu’un d’intégriste, peu prompt au changement. Autrement dit, un mec de l’establishment…

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